Apres une nuit dans le bus coincé entre 3 bébés, j’arrive a Tupiza à … 3h du matin! Horaire parfait pour trouver un hotel!
A ce propos, je me demande à quoi pensent les Boliviens quand ils organisent les horaires de bus… en gros, tous les bus partent a 7 ou 8 heures du soir. Quelques soit la destination et la durée du voyage! Du coup quand il y a seulement 8h de trajet, et bien on arrive a 3h du matin… un grand classique ici!
Mais les Boliviens s’adaptent, et il y a tout de meme un gars qui nous guette dans la rue pour nous faire rentrer dans son hotel. Le monsieur en question est evidemment completement bourré a cette heure ci mais on arrive tout de meme a comprendre le prix, meme si c’est pas toujours très clair.
Mon objectif en venant a Tupiza est de profiter des alentours qui sont absoluments magnifiques pendant 1 journée ou deux, mais surtout de partir en 4×4 vers Uyuni et son salar a partir d’ici. En effet de Tupiza, les opérateurs ont bien meilleur réputation qu’a Uyuni ou c’est le cirque a touristes et ou les accidents ne sont pas rares (conducteurs bourrés, voitures en piteux état etc…) mais le circuit est surtout plus long, permet de voir plus de chose et on ne repasse pas 2 fois au même endroit.
De plus, contrairement a Uyuni ou on voit le salar en premier puis après on est blasé devant les lagunas, en partant d’ici on finit par le salar, le bouquet final.
Bref le plan était parfait. Ou presque, fallait compter avec les impondérables Boliviens…
Je m’associe à un hollandais sympatoche rencontré dans le bus de nuit et on se met à la recherche de l’agence qui va bien. Il y en seulement 3 en ville, le tour est vite fait. L’affaire est bouclée et le matin du départ on découvre avec qui on va faire de la route. Deux voitures partent ce matin la de l’agence, la notre on la partage avec 2 francais et une américaine, tandis que l’autre voiture est purement quebecquoise et embarque également la cuisiniere et la bouffe(s’agit de ne pas perdre la voiture de vue!!). Bon ben ca va parler francais pendant le voyage, ca va me changer un peu!
Le chauffeur, Manuel, est super sympa, machouille sa coca tranquillou et est super serviable! Bref tout part pour le mieux! (bon je pars tout de meme avec des oeufs pas frais dans le bide qui vont m’empecher de bouffer normalement pendant les 2 premiers jours. Mais bon c’est la Bolivie on fait avec…).
Et la, on en prend plein les yeux! Pendant les 3 premiers jours, on enchaine les km au milieu de nulle part, la piste zigzague entre des volcans de plus de 5000m, on traverse des plaines immenses et désertes, les couleurs changent tout le temps, on traverse des rivière encore gelées, on s’arrete voir des geysers. C’est imposant et magnifique! (et p****de froid!). Et on est que 3 voitures au milieu de cette immensité (une voiture d’une autre agence est partie aussi le meme matin, avec 2 francais super cool a bord) juste pour nous!
On ne croise seulement que 2 ou 3 villages déserts et des troupeaux de lamas. Et on est constamment au dessus de 4000m, et souvent on passe a plus de 4800m (plus haut que le Mont Blanc!).
Le soir on dort dans des lodges super basiques …. et pas chauffés. Je dois dormir tout habillé avec ma polaire, le bonnet et tout le bazar dans le sac de couchage pour ne pas avoir froid!
Bref, c’est l’aventure!!!
Le 2eme jour on atteint le site le plus au sud du circuit, proche de la frontière avec le Chili, la Laguna Verde, un des clous du spectacle. On est à 4600m, c’est venté, on gèle sur place mais c’est un des paysages les plus beaux au monde! La laguna est verte à certaines heures de la journée de part sa concentration en magnésium en conjonction avec l’angle des rayons du soleil, et repose au pieds de l’impressionnant volcan Licancabúr. Ca fait 2 jours qu’on se régale mais la ca commence a devenir vraiment costaud!
Le 3eme jour, au matin, on se fait un autre endroit magique: la laguna colorada. Celle la elle est rouge et est habitée par 3 espèces de flamants (les oiseaux, pas les van der machins). Vu que c’est l’hiver, il ne reste plus beaucoups de flamincos, les autres ont migré vers des endroits plus chaud. Ici, la couleur est dû à des sédiements de couleur rouge et des micro-algues. Le soir on passe la nuit aux abords du salar, dans un hotel construit en sel! (ce sont des briques de sel qui composent les murs et les meubles).
Le 4eme et dernier jour est le jour du salar du même nom. Nos chauffeurs nous préviennent qu’ils vont nous reveiller a 4h du matin, pour que l’on puisse partir tôt et assister au lever de soleil au milieu du salar, sur l’Isla Pescador. Et c’est la que ca se gate! L’amerloque laisse (encore) trainer sa bouteille d’alcool local et ce coup ci les chauffeurs lui font sa fête (a la bouteille bien sur). Resultat, on doit reveiller les chauffeurs nous même, et le notre est encore tout bourré! Ca plus un pneu dégonflé a réparer et on part a la bourre!
On trace, et on entre sur le fameux salar. On surveille notre chauffeur qui conduit pas très droit, mais bon le salar c’est tout plat et il y a rien a percuter. La guigne nous poursuit, puisqu’on creve un pneu en plein milieu. On doit quasiment changer la roue nous même, notre cher Manuel étant à la peine (il essaie désespérément de remettre les boulons a l’envers….). Avec tout ca, on rate le lever sur l’isla, on le verra au milieu du salar. On atteint tout de meme l’isla pescador où on se promène quelques heures, le temps que ca desaoule… L’Isla Pescador, est une “île” au milieu du salar qui abrite des cactus géants millénaires. Du sommet, on a une vue à 360 degrés sur le salar! Magique!
Vient ensuite la fameuse séance de photos-a-la-con, qui consiste a jouer sur les perspectives qu’offrent un désert blanc et plat. Autant dire que certains ne manquent pas d’imagination
On rigole bien et les chauffeurs en profitent pour se marrer aussi!
Et c’est après le déjeuner de ce dernier jour que ca devient vraiment l’aventure!
On traverse un village tout pourri à 40km d’Uyuni, notre point d’arrivée, quand on tombe sur un barrage ( 3 pierres et une barre de fer… sic). Les locaux annoncent a notre chauffeur que toutes les routes d’accès à Uyuni sont bloquées: on ne passe pas! Ok, on tente de faire demi-tour et le ton monte d’un (demi) cran, les gars bloquent la voiture avec des pierres et essaient de dégonfler les pneus… Bon ben on reste alors! Autant dire que pendant 1 minute on en mène pas large dans la voiture, Manuel nous dit que tout est ok et safe, tant qu’on essaie pas de forcer leur barrage. Ah…. et on va rester combien de temps? “Le temps que la situation se débloque avec le gouvermenent. Ils attendent une réponse dans l’apres-midi.” Cool! Et qu’est ce qu’ils veulent au fait? “Une route goudronnée…” Enorme!
Autant dire qu’on est pas tiré d’affaire. Je me mets à la place du gouvernement Bolivien: 90% des routes du pays ne sont pas goudronnées, ca me ferait bien marrer que 3 cul-terreux réclament une route au milieu de nulle part…
Donc, on prend notre mal en patience, et on passe l’après-midi à boire des bieres en regardant les Boliviens courirent dans tous les sens pour essayer d’intercepter les voitures qui essaient de les contourner… et a jouer avec les gamins. Tandis que notre chauffeur, qui est du coin, passe l’après-midi à discuter avec les “rebelles”. Au total, on est 4 voitures bloquées, nous, une voiture avec un client bresilien et son guide chilien super cool (qui en profite pour foutre la merde dans la manif), 1 voiture avec des touristes qui se caguent et qui restent enfermés dans la voiture et une voiture d’Israeliens associaux qui restent donc enfermés.
A la nuit tombée, le représentant du gouvernement n’est toujours pas arrivé – quelle surprise – mais notre chauffeur nous propose un deal. On participe a la cause et ils nous laisseront surement passer. On leur file 10 bolivianos chacun (1 euro!!!), on leur laisse pas vraiment le temps de discuter, on monte dans les voitures et on s’échappe!
On apprendra plus tard qu’on a fait une affaire, une voiture d’americains a du payer 250 dollars pour passer!!! (toujours les premiers à se faire plumer eux….).
En route vers Uyuni, après avoir deblayer un barrage deserté sur la route, on tombe sur un autre barrage. Notre chauffeur entame à nouveau les négociations et les bluffent sur le fait qu’on a plus d’essence et que l’on doit entré dans Uyuni coûte que coûte. Ils nous envoient le maire de la ville, qui décide de nous laisser rentrer dans la ville et nous escorte jusqu’à l’entrée de la ville, apres avoir filmer les voitures (avec des touristes qui font des doigts ahaha) pour montrer au monde entier qu’il ne plaisantait pas et qu’il etait prêt a bloquer 4 voitures pour avoir sa route!! My god, les monstres!!!
Mais quand on arrive à l’entrée de la ville, on doit laisser les véhicules à l’extérieur et marcher 1/2h avec nos sacs pour entrer en ville. On est les premiers a entrer dans Uyuni depuis 2 jours il parait… 10h du soir on se pose enfin a l’hotel!!!
On se met a jour de la situation: ca fait 3 jours que la ville est bloquée, pas de bus ni de trains qui sortent, pas de carburants et tous les commerces font la greve!!! En plus, le distributeur de billets est vide et les gens commencent à manquer d’argent… Super, on s’est jeté dans la gueule du loup, maintenant on ne peut plus sortir et y a rien a faire dans ce trou!
Pour la route, il y a un projet de route goudronnée entre Oruro et le salar directement, mais qui n’inclut pas le détour de 40km pour la ville d’Uyuni. Du coups, ils ont les boules ici!
On est à peu près 150 touristes bloqués dans Uyuni maintenant. Tous les commerces sont fermés, ou pretendent être fermés, faut dont frapper au rideau de fer pour qu’on nous ouvre, et tout le monde se fait chier. C’est un peu la merguez party devant la mairie avec tribune publique, à la Bolivienne (micro qui marche pas, , où les gens attendent les nouvelles du gouvernement… sous les sifflets des touristes! Le 2eme soir, le prefet débarque avec toute la garnison du coin, pour leur expliquer que c’est ok, sous condition, je résume: “Levez le blocus 24h pour liberer les touristes (les ambassades commencent à harceler les autorités boliviennnes et ca devient embarassant….) ou on vous défonce la gueule. Et peut-être que vous aurez une route.. Ah oui, et ca prend 15 jours pour faire les papiers officiels du nouveau tracé faudra être patient!”
Le lendemain matin, le blocus est levé et la ville se vide de tous ses touristes….
Voila, c’était une petite tranche de vie Bolivienne. On m’avait prédit que je resterai bloqué à La Paz oú les manifs sont courantes et bien non… ca a commencé avant!
Je réalise que j’ai plus parler des évenements de la fin que du trip lui même. Mais bon faut avouer que ca fait une belle histoire!
Le trip était vraiment merveilleux et la fin inattendue, et pour conclure on a passé un excellent moment!! Et un grand merci à notre chauffeur qui a su géré la situation avec calme et nous a tirer d’affaire a chaque fois.
Pour les photos c’est sur Picasa, les 4 albums Tupiza to Uyuni:
http://picasaweb.google.com/julien.fourment
Filed under: Tour du monde | Tagué: bolivie, laguna colorada, laguna verde, salar, tupiza, uyuni | Laisser un Commentaire »



























































































